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Collectif de passionnés de VTT de la région de Saint Etienne


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Chasseur de mégalithes

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1 Chasseur de mégalithes le Dim 6 Aoû - 11:56

g'ringo

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Admin
Repos forcé ce weekend, pour me remettre définitivement d'une petite chute à VTT.

Un lion en cage......

J'en profite pour poster le résumé de ma sortie du weekend dernier:
(à lire ici, ou avec les images sur: le blog de l'atelier du vélo)

"
Cyclo-chasseur de mégalithes
30. juillet 2017
Depuis environ un an et demi, je mets au point une nouvelle discipline, pour le moment non fédérée : la chasse de mégalithes à vélo.

Branche complémentaire de l'arbre cyclotouriste, issue de la descendance de Paul de Vivie, et des peuples Celtes.

Cette chasse, que je nomme cyclo-druidisme, nécessite un équipement particulier, proche de l'équipement traditionnel du cycliste contemporain, mais avec quelques nuances nécessaires à sa discrétion :

-un sourire (clé de la découverte),
-un maillot de coupe non cycliste et en laine de mérinos (moins d'odeur pour conserver un caractère furtif),
-un short pour échapper à l'attention des cyclistes sportifs (persuadés qu'avec un short on va moins vite) et plus pratique lors des pauses au bar et sur les mégalithes,
-Des chaussures bien rigides pour pédaler, et permettant néanmoins de marcher un peu.
-un superbe vélo Kona au cadre acier haut de gamme soudo-brasé , dont la gamme vibratoire permet la résonance avec les forces telluriques (impossible avec les cadres carbone, ceux-ci étant parfait pour aller vite mais pas trop loin).

La recherche du gibier et sa localisation nécessite de se plonger dans les livres, ou de surfer sur le magique internet.

Cette succincte présentation fait vibrer quelque-chose dans votre âme ? Voici le récit d'une journée de chasse en guise d'exemple :

Samedi 28 juillet :
Demain dimanche, ma compagne travaille.
L'idée de cette journée de repos dominical esseulé, sans affection ni soutien moral me rongeant le cerveau émotionnel, j'échafaude un plan de survie : me résigner à aller faire du vélo...

Dans le marasme de cette décision contrainte, il faut trouver un but, un graal inaltérable générant de la motivation.
Rouler pour rouler est possible. Mais dès le début de ma passion pour le vélo vers 12 ans, j'y ai rapidement trouvé des limites. Le vélo, s'il me donne d'énormes plaisirs sur le plan de l'effort physique, est surtout un formidable outil de déplacement et de découverte de la surface de la planète et de ce que les humains ont construit dessus.
Cet outil magique qui transforme le rampant en individu fluide, rapide et libre de voir du pays, a transformé l'adolescent tristoune que j'étais en individu motivé « d'aller voir » avec ses propres moyens, ce que le monde pouvait lui proposer comme réjouissance.
Un outil de déplacement économique, ludique, basé sur l'effort et la patience de la progression.
Un formidable outil d'autonomie et d'émancipation.
Un outil de fuite probablement, aussi, mais une fuite constructive et non destructive comme peuvent l'être la drogue, l'alcool ou l'oisiveté.

Fuite vers un mieux et non vers un pire.

L'ami Jean-Philippe et son information relayée sur Facebook donne le but de ma sortie de demain : il y a sur la commune de Tence un rocher dénommé Rocher des druides.
Traçage rapide grâce au très bon logiciel Twonav Land d'un parcours de 110km sur les petites routes du plateau.

Dimanche 29 juillet :
La météo annonce des orages. Partir ?
La prise de décision oscille entre la peur gauloise que le ciel nous tombe sur la tête, et la vision plus exotique et aventureuse : Inchallah !
Deuxième option choisie.
Au pire, les constructions chrétiennes jonchant le parcours m'abriteront de la force des ténèbres.

Le parcours se situe sur la zone du terrible Triangle de la Burle, mais pas dans sa zone la plus violente, il y a des raisons de rester serein.

C'est parti. Je roule sur les hauts plateaux du Pilat et les quitte en direction de St Bonnet le Froid. La petite route qui y monte le long du Ruisseau de St Julien est formidable : une pente douce, une vallée large joyeuse, des habitations dont la situation devait donner du fil à retorde aux anciens en hiver. J'imagine Paul de Vivie et ses compères en train d'inventer ici le cyclotourisme et suis fier d'y dérouler mes roues tubeless et freins à disques derniers cris.

Passer le relais d'une génération à l'autre, sans jalousie, rancoeur et mauvais sentiments.

Profiter des avancées de l'ancienne génération, partager et faire profiter la nouvelle génération de ce que la nôtre aura découvert.

Ne pas être un vieux con tout simplement.
Arrivée à St Bonnet, je file sans même y réfléchir m'acheter un sandwich à la boulangerie de la famille Marcon. Avalé en terrasse à côté d'un cyclo-voyageur qui démarre d'Annonay ce matin pour 3 semaines de plaisirs à vélo. Bonne route camarade !

L'impatience de la découverte du Rocher des druides me pousse à ne pas traîner.

13 kilomètres de descente amènent à Tence. Je pousse jusqu'au bourg boire un bon café servi avec bonne humeur.

La roche domine la ville de Tence dans la forêt. A son approche, il faut laisser le vélo pour faire les 500 derniers mètres de chemin à pieds.

La voici. Imposante, elle domine fièrement. Je monte dessus. Une cupule bien marquée peut laisser penser à une activité rituelle de nos ancêtres. (Comme pour tout, dans le cyclo-druidisme, l'essentiel, c'est d'y croire!!)

Redescente au vélo et on reprend la route. Traversée du plateau sur des petites routes traversant quelques hameaux. C'est l'heure du barbecue dans les superbes bâtisses familiales.
Des gens heureux de partager du temps ensemble dans des lieux simples et loin des nuisances du monde moderne. Le tout arrosé de 4G et de liaison ADSL.
Les avantages du numérique et de l'ouverture qu'il donne sur le monde sont plus criants ici qu'en ville.
Profiter d'une hyper-connexion numérique dans un lieu générant une hyper-connexion avec l'essentiel : l'environnement naturel et le rythme temporel qu'il impose sans détours.

Les quatre saisons marquent le rythme, le cash de Google n'y changera rien.

Arrivée à Montfaucon, mon vélo acier (celui qui me permet de rouler avec Steel!) trouve la voie verte récemment aménagée. Elle est vraiment excellente celle-ci : vrai bitume, à l'ombre des arbres, barrières se passant assez facilement.
Dunières, puis l'on continue de la suivre en direction de Riotord.

Un doudou gît dramatiquement sur la bande d'asphalte. Je le récupère, espérant naïvement retrouver son ami qui doit être bien triste. L'emmener avec moi et chercher infiniment son foyer? Le vendre sur le Bon coin ? Décision prise au point caractéristique suivant : je le laisse sur un parking de départ de la voie verte et lance un avis de recherche sur Facebook grâce à un outil magique dénommé smartphone et une super couverture 4G au milieu de la forêt. (y croire, toujours....)

De Riotord, encore une petite route déserte en direction de Marlhes. Douceur du trajet grâce au très bon travail que réalise les services de l'équipement de notre département. On ne le souligne que rarement, mais la Loire propose un réseau de très bonne qualité pour le vélo, le bitume y est très agréable.
Saint Genest Malifaux, et sa traversée en montée sur le plateau de 50 dents histoire de faire monter le cardio à bloc, et de travailler les muscles en lactique en fin de sortie. Il reste toujours un peu des motivations futiles des années de pratiques compétitives...

Retour à la maison. Rafraîchissement à l'eau de la source. Le chien me fait la fête.

Deux plaisirs simples et gratuits.

Un dimanche "pas tant pire", le plan de survie a fonctionné...
"


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Bon à rien, prêt à tout.
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