ALL MOUNTAIN FOREZ BAND

Collectif de passionnés de VTT de la région de Saint Etienne


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Du Mont Pilat au Mont St Michel

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1 Du Mont Pilat au Mont St Michel le Mer 25 Oct - 20:11

g'ringo

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Admin
Départ vendredi matin pour le Mont St Michel.
1000km, 6 étapes.

A suivre sur:https://www.facebook.com/events/372989369787362/


_________________
Bon à rien, prêt à tout.
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelierduvelo42.com

2 Re: Du Mont Pilat au Mont St Michel le Lun 27 Nov - 20:07

g'ringo

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Admin
Pour ceux et celles qui n'ont pas facebook, voici les notes de mon carnet de bord:


J-5
Dernière sortie avant la mise au repos de la bête.
65 km et 1300m, avec le vélo chargé.
Tout va bien, matos prêt, bonhomme prêt.
Récupération de la grosse journée d'hier très bonne. 
La récup, c'est le signe d'un bon entraînement.
Visite de la Pierre mégalithique de Joanabel à Burdignes, sur laquelle je me suis posé un moment, comme on branche une Zoé sur une prise Wink .
Au retour, une présentation des dernières solutions techniques de bikepacking à Paul de Vivie sur sa stèle. Ce dernier a tout validé par un "vas'y gamin" qu'il me semble avoir entendu à travers mon bonnet sous-casque.
Voici les points techniques auxquels j'ai prêté attention:
- Un vélo Kona Roadhouse. Cadre acier. Confortable, dynamique "de profondeur" (une fois lancé, il aide à garder un train sans avoir besoin de beaucoup remettre d'énergie). La sobriété énergétique appliquée au vélo Wink
Excellemment bien posé dessus, la chaussure à mon pied.
Et surtout il est magnifique et je l'aime Smile
- Confort du guidon: élargissement de la zone d'appui supérieure+ inserts de gel, choix d'un cintre avec plat dans le creux et ajout de gel sous la guidoline.
- Eclairage avant puissant (les jours vont être courts et je risque de rouler de nuit). A l'arrière un éclairage de jour ultra puissant pour alerter les automobilistes. J'emmène un gilet réfléchissant (made in Saint-Etienne). Pas très glamour, mais un Apollon mort est-il plus utile qu'un plouc en vie?
- Sacoches légères et étanches facilement démontables grâce aux velcros. Pour la sacoche guidon, bricolage pour bien la décaler du cintre.
-Pédales VTT Speedplay, qui permettent d'utiliser des chaussures adaptées à la marche, mais qui donnent tout de même un excellent contact pédales/cales, ce qui n'est jamais le cas des autres pédales VTT.
-Re-réglage de mes cales "à l'ancienne". Je m'étais laissé séduire par la "nouvelle vague" du réglage des cales vers l'arrière, mais je me suis rendu compte que cela me créait une contraction musculaire. J'ai également échangé à ce sujet avec des spécialistes du positionnement. Avec le retour de ce réglage, j'ai la sensation de pédaler beaucoup plus rond.
-Chaîne auto-lubrifiée afin de ne pas avoir à me soucier de la huiler. De plus cela évite d'avoir un vélo plein de gras.
-Pneus de section de 28, meilleur compromis entre confort/poids/rendement/sécurité en virage que j'ai trouvé.
-Vêtements: un pantalon/short dézipable utilisable par tous les temps. 2 sous-shorts, 2 paires chaussettes, maillot corps manches courtes merinos, maillot corps manches longues merinos, maillot thermique, coupe vent léger, veste de pluie à capuche, pantalon de pluie, gants chauds, gants légers, bonnet sous casque, polaire fine. Une doudoune ultra compacte bien chaude. Pour les étapes: caleçon, pantalon toile, t-shirt.
- Soins: tube de crème magique "qui fait tout" (anti-échauffement cuissard, réparation peau des fesses le soir, anti-dessèchement mains et peau, après rasage), lingettes nettoyantes.
- Housse de transport ultra light compactée dans la sacoche avant, pour le retour en train.
-La sacoche rouge: le retour de la revanche: jamais vraiment remis de la perte d'une tong lors d'un périple précédent, je remets mon honneur en jeu et tente de transporter une paire de basquettes légère, en ayant cette fois retravaillé la fixation. Never give up.




Jour 1: St Genest Malifaux / Digoin.
Expédions les affaires courantes :
165km, environ 1000m d+, 7h20 de vélo. 
Moyenne volontairement assez moyenne. J'ai souvent tendance à partir vite le premier jour car euphorique, aujourd'hui j'y suis allė cool.
La forme est bonne, je finis très frais. La préparation à été bonne. L'outil "corps" devrait permettre à l'esprit de se faire bien plaisir.
Voilà pour les questions d'intendance plus ou moins intéressantes. 
Passons à l'essentiel, qu'avons nous vécu en ce vendredi 27 octobre 2017?
Avant de parler d'aujourd'hui, j'ai envie de parler d'hier.
Jean, notre voisin le plus proche, a 80 ans.
Depuis le printemps sa source est tarie. Il monte tous les jours prendre de l'eau à la source de la Palle.
Hier, nous avons commencé à essayer ensemble de comprendre l'organisation de la distribution de l'eau de la source....inspection de notre puits et des questions qui restent en suspend...puis il finit par me montrer un second puits que je ne connaissais pas....
En bon paysan, il ne distille les informations à l'étranger citadin que je suis qu'au compte goutte. 
Petit jeu d'apprivoisement mutuel plutôt drôle. 
La Palle va finir par me livrer la vérité sur son principal trésor: l'eau.
Ce trésor permet au hameau d'être habité depuis la révolution.
Soyons-en les dignes héritiers de passage avant de passer le relais aux suivants.
Revenons à aujourd'hui:
La journée démarre par la descente du mont Pilat vers la vallée l'Ondaine, haut lieu historique de l'apogée industrielle du bassin stéphanois. 
Sortie de la vallée, et je retrouve Jean-Guy qui m'accompagne jusqu'à Balbigny.
Jean-Guy fait partie de ces héros des temps modernes. 
Ceux qui s'assument, ne se plaignent pas, n'attendent pas de l'Etat ou des congénères d'être pris en main. 
Il fait partie de "ceux qui font". Bref un mec pour qui j'ai beaucoup de respect.
On roule, pique-nique, café. 
Puis nos routes se séparent. Lui rentre vent dans le dos. Je continue vent de face, mais rien de méchant.
L'immersion solitaire commence.
Quelques bosses franchies allègrement, je traverse Roanne.
Mably. Un sablė chocolat acheté et avalé, je stoppe devant un superbe PMU, le "Bar de la gaieté". 
Je cherche la joie de vivre, mais elle est discrète. La mise en place de la déco s'est figée dans les années 70. 
Je me remets en mouvement en naviguant sur les petites routes de cette France rurale. 
Cette France là, je l'adore et je la hais.
J'aime ses richesses naturelles et historiques, ses traditions, son génie de l'art de vivre. 
Je la hais quand elle vit renfermée sur son pré carré, étanche et inquiète face à l'inconnu. 
Les plus inquiétants de nos politiciens savent la séduire par des thématiques et un langage ciblés. 
Nos dirigeants fraîchement élus n'ont probablement pas les clés ni la volonté de lui parler. 
Je suis pour ma part globalement satisfait de notre nouveau paysage politique (il me semble être le meilleur pour améliorer un monde que je n'aime pas. Mais personne actuellement ne me semble apte à nous emmener dans la direction que je souhaite).
Mais je crains fortement que le prochain tour électoral voit une émergence encore plus forte des mauvaises solutions proposées par les opportunistes du désespoir.
Je roule désormais le long de la Loire et du canal qui la longe.
Douceur de ce fleuve quand il est calme.
Étonnement face à l'investissement qu'à dû représenter la construction du canal.
Quelques pêcheurs. 
Petits signes de la main réciproques. 
On ne se parlera jamais. Peut-être des mecs sympas, peut-être des gros connards.
Peu importe. 
Se saluer, exprimer simplement mutuellement à l'autre la reconnaissance de son existence. Valeur inestimable.
Détour par la stelle Jean Moulin où je suis déjà passé. Nous devons tellement à ces résistans.
Notre liberté.
Le modèle social que le monde entier nous envie. 
Cet esprit de non acceptation qui fait des français des gros cons, mais des exemples de révolutionnaires reconnus sur la planète. 
Comme le dit Harrison Stafford, merci à la France d'avoir été la terre de refuge de Bob Marley ?
L'estime que j'ai pour notre président de la république disparaîtra s'il ne met pas les moyens pour faire de notre pays une terre respectable d'accueil des réfugiés, notamment mineurs.
Ceux qui fuient des terres que nous avons contribué à rendre invivables doivent trouver chez nous les moyens d'une vie digne. 
Nous en avons largement les moyens, et beaucoup à y gagner.
Derrière les beaux discours, les situations de ces réfugiés empirent. Le gouvernement est en train de changer la responsabilité de la prise en charge des mineurs (qui passe des conseils départementaux à l'Etat).
Bénéfice du doute...pour le moment...
Me voilà à Digoin. Hôtel chez Lilly. Accueil souriant, les vélos sont les bienvenus dans un débarras habitué.
Peu de monde, du coup l'eau chaude de la douche est longue à venir...très très longue... tant pis, ce sera douche froide, je ne vais pas gaspiller. Les discours de convictions c'est bien, les actions, c'est mieux....
Je fini la douche quand... l'eau chaude arrive ?
Petite marche dehors pour prendre une belle photo du pont illuminé. 
Bières et dîner chez Lilly.
Quelques tables sont occupées par des camping caristes qui ont un parking en face.
Cette génération de jeunes retraités est finalement le mauvais étalon de notre condition. Elle a vécu une période de parenthèse enchantée qui lui a fait bénéficier d'une accession facile à des situations confortables. Aujourd'hui, les choses redeviennent plus normales, moins "extra-ordinaires". Le décalage nous fait croire que nous sommes dans une mauvaise situation. Mais c'est la situation d'avant qui était anormalement bonne.
Retour chambre.
Récit en écoutant "Angleterre " de Bertrand Cantat, puis Moriarty.
Le voyage est la plus belle destination....
Bonne nuit!


J2: 153km
Bon ben journée plutôt ronflante, monotone, voir déprimante sur les canaux du nivernais.
Curieux de connaître le taux de suicides par ici.
C'est plat, ça se ressemble de partout.
Jusqu'à 14h, on était dans une purée de pois bien humide et froide.
Déguisement de sapin de noël avec gilet jaune et un éclairage clignotant surpuissant qui arracherait la culotte à mémé.
Les gens croisés ici ne connaissent pas le mot bonjour ni la faculté de leur visage à produire un sourire.
Tout de même une rencontre sympa avec un anglais retraité installé en France et qui voyage à vélo. On roule un peu ensemble. Knickers, grandes chaussettes, pull en laine, il a la classe. Il se force à parler français, l'échange est chouette. 
Dans ses projets, aller bientôt à Saint Étienne et remonter la Loire jusqu'à sa source. Je lui conseille de faire ça au printemps!!! 
Il ne connaît pas le triangle de la burle!!!
A Nevers je quitte mon parcours pour aller en ville essayer de trouver une pompe. Celle que j'ai n'est pas en forme. 
Je trouve Velopassion58 où l'accueil est bon, et je trouve exactement ce que je cherchais. Nickel. Merci confrère.
Affamé depuis ce matin, je rêve de graisse. Du chorizo dégoté dans une bonne charcuterie me calme.
La fin de la journée est bien sympa. Je longe la Loire sous le soleil qui descend tranquillement.
J'arrive à l'hôtel. La bonhomie de l'accueil du tôlier me réconcilie avec les bourguignons.
Ce soir je fais kebab, pour la graisse, la radinerie et pour éviter d'être seul au resto.
Le kebab est bon, mais il y fait 60 degrés celsius, je file vite.
Pas de bières ce soir. De l'eau, pour préparer la troisième journée demain. La 3è est souvent la plus dure.
Demain rendez-vous avec un site mégalithique et la butte des Druides... ?
Bonne nuit!
Playlist du soir: Radio jamaïca, puis Léonard Cohen.


J3
160km
La journée commence bien, une heure de sommeil en plus, et surtout un excellent petit déjeuner. Depuis le départ je n'ai mangé que des produits de daube qui ne me nourrissent pas suffisamment. Ici les produits sont terribles, je me régale et fait le plein d'énergie. 
On discute bien avec le patron, puis je gonfle mon vélo avec ma pompe toute neuve et go!
Traversée du pont sur la Loire et premier arrêt pour enfiler mon pantalon de pluie.
Il ne pleut pas vraiment mais bruine.
J'ai un compte à régler avec cette bruine. Ennemi sournois, qui cache ses mauvaises intentions. 
La pluie mouille, mais annonce la couleur. Tu décide de monter avec elle sur le ring en sachant à quoi t'attendre. 
La bruine se cache, te mouille à petit feu. 
#balancetabruine
Aujourd'hui le parcours emprunte à 100% la véloroute de la Loire à vélo (eurovelo 6).
Je craignais une journée ennuyeuse le long de la Loire. Ce sera finalement un patchwork de bonheur.
Cette véloroute est très bien faite. Pas de barrières, ça roule vite, et c'est très joli. Loin des voitures, on profite pleinement et sans danger du 2 roues à pédales.
Le début à travers les près donne envie de filer au vent. 
Puis on roule sur des chemins de craie le long de la vallée des rois. Tantôt rectiligne, tantôt sinueux, le tracé fait fuir l'ennui.
La centrale nucléaire de Belleville casse un peu le mythe, mais on l'oublie vite.
Vers midi une boulangerie attire mon attention. Un pâté aux pommes de terre et un flan dans la sacoche, je prends un café au superbe PMU voisin et file avec le crasse croûte en direction du Menhir de St gondon où j'ai prévu de manger.
Le Pont canal de Briare, sous la pluie, développe la puissance des constructions humaines bien réalisées. 
Arrivé au menhir, l'endroit ne m'inspire pas. Il pleut, un abris est nécessaire pour manger. 
Sur la carte est indiquée la pierre crapaud, ce qui m'interpelle. 
Bien visible depuis la route, la visite s'impose. Un couple de cyclos y est. La discussion passionnée s'engage. Cyclotourisme et courants telluriques au programme. Ils vivent sans voitures et font tout à vélo, des vrais.
La pluie arrêtée je mange installé sur la pierre et me recharge.
Direction l 'abbaye de St Benoît.
A Sully, énorme surprise de la beauté du château (l'avantage de ne pas trop se renseigner sur le parcours, les surprises attisent la découverte).
Arrêt à l'abbaye, puis je file vers Orléans pour essayer d'y arriver de jour.
Final aux paysages moins remarquable mais sportivement jouissif : un bon bitume, ça file à 30 km/h sans trop d'efforts.
Une seule idée en tête en arrivant en ville, voir la cathédrale. Majestueuse.
Google Maps m'emmène à l'apparthôtel, on m'autorise à monter le vélo tout sale dans la chambre, impec.
Lessive, douche et je pars à pied chercher un restaurant. La ville est très belle, chargée d'histoire et bien mise en valeur. 
Restau simple et efficace. Une bouteille de Perrier trouvée chez un pakistanais.
Une superbe journée de cyclotourisme.
Ou plutôt une histoire d'amour d'un jour avec un fleuve dénommé Loire.
J'ai compris aujourd'hui pourquoi celle-ci est du genre féminin. 
On sent, en caressant ses rives qu'elle peut être aimante, maternante, séductrice, attirante, puissante, destructrice...
Playlist du soir: Kate Tempest, Let them eat chaos.



J4
Lundi.
137km
Départ officiel devant la cathédrale d'Orléans, magnifique avec ce grand ciel bleu.
Je quitte facilement la ville par des petites rues et aménagements cyclables grâce au parcours tracé avec Géovelo.
Et là démarre la traversée de la Beauce...un peu plus de 100km à travers des champs, des champs et encore des champs...un léger vent défavorable évite que la tâche ne soit rendue trop facile. 
De nombreux villages à traverser : un clocher, des fermes, et rien d'autres...pas vu le moindre commerce pendant 100km.
Un distributeur automatique de pain me sauve la mise.
Et puis voilà la vallée de Chevreuse, changement radical de paysage.
Un peu de relief, des forêts, je reprends mes marques. 
Bertrand m'attend à la mairie de Magny sur son superbe vélo électrique. 
Nous partons au musée national de Port royal. Un endroit merveilleux, siège d'une ancienne immense abbaye, et qui a été un lieu d'élaboration d'idées remarquable. 
Bertrand m'offre la visite en privé avec le conservateur comme guide. Un très beau cadeau. 
Et une sacrée leçon d'histoire pour un nul en accéléré!
Merci Bébert !!!





Une chevauchée fantastique mémorable le long de la voie verte.
Je roule vers le chevalier Vianney rendu par le cheval de fer à l'auberge d'Alençon, où nous devons prendre pitence et passer la nuit. 
Demain à l'aube, départ pour la dernière épopée et l'objectif final: libérer le mont saint Michel de son sarcophage chrétien. 
Nous lutterons jusqu'au péril et anéantirons jusqu'à la dernière moule-frites de la baie.
Que le ciel nous préserve, Inchalah.





J5
80km
Une journée de transition entre chez Bertrand et Michèle et Jacky Voët.
Départ tranquille vers 10h00, ça roule tout cool vers la vallée de Chevreuse. 
Je lézarde et profite du soleil qui grimpe et réchauffe progressivement l'atmosphère. 
En pleine visite d'un ancien moulin, réception d'un message de Bertrand: j'ai oublié mon magnifique sweat Kona....quel boulet. J'ai le temps d'aller le chercher, mais Bertrand me l'avance très gentiment en voiture. 
Un léger détour pour visiter l'abbaye de Clairvaux. Sublime.
Impressionnant la densité de la richesse patrimoniale de ce coin de France. 
Après une longue traversée de la forêt de Rambouillet, je mange des frites à Istanbul kebab et reprend la route. 
Bien fatigué, me voilà enfin chez la Voët family où je serai dorloté jusqu'au lendemain matin.
Figures emblématiques de notre profession, Michèle et Jacky ont deux qualités très appréciables: la passion du métier et la générosité de transmettre leur expérience. 
J'ouvre bien grand mes oreilles. 
La discussion, leur point de vue expérimenté et enrichi du recul qu'ils ont aujourd'hui conforte la pertinence du projet de l'Atelier du vélo.
J6
175km
Après une bonne nuit de sommeil et un bon petit déjeuner, il faut repartir. 
Jacky me demande à quelle pression je gonfle mes pneus...je retrouve mon vélo préparé, gonflé, bidon rempli et mis en place...c'est ça Jacky, le sens du service.
Le départ est très lent, pas bien en forme ce matin. 
Je ne m'affole pas et laisse le corps me dicter le rythme qu'il souhaite. 
L'arrivée sur Chartres est très douce le long d'une voie verte le long de la rivière. 
Decouverte de la cathédrale, un café, et la lente progression continue. 
Ce soir je retrouve Vianney à Alençon. Je le préviens que mon arrivée risque d'être tardive.
Vers midi, arrêt ravitaillement dans une supérette. En voyant ma tête, le patron croit que j'ai roulé toute la nuit...
Quelques kilomètres plus loin, goinfrage au pied d'une église.
Je décide de tenter la dernière cartouche en enfilant 6 mini babybels.
S'ensuit un inoubliable moment de sport. Revigoré par le pique nique, les 80 derniers kilomètres se font sur une ancienne voie ferrée. Le revêtement est un chemin gravilloné bien lisse jonché de feuilles.
Entre 25 et 30 km/h, mon vélo y trouve des conditions d'expressions parfaites.
Isolé du traffic automobile, euphorisé par le retour du Mojo je prends un pied incroyable pendant environ 4 heures, une partie de manivelle étourdissante qui se finit après le coucher du soleil. Mes roues fendent la nuit en suivant le faisceau de lumière de mon éclairage.
Vianney venu à ma rencontre, nous finissons ensemble. 
Excellent dîner dans un restaurant afghan et une bonne nuit de sommeil.



J7
160km
Réveil de la compagnie, petit déjeuner basique de l'hôtel. 
L'établissement est sympa: hôtel, bar, tabac PMU, un lieu de convivialité où ça brasse bien.
Comme la veille, la mise en route est rude. Un genou me fait bien mal depuis deux jours. Il faut penser à autre chose, mais ce n'est pas facile. 
Un arrêt casse croûte dans un snack bien chauffé, une pause café plus loin... nous retrouvons une voie verte en passant sous la barre des 100km restants. 
Le scénario de la veille semble se reproduire...
Le parcours est toutefois bien plus vallonné, nous avalons plus de 1000m de dénivelé. 
Je commence tout de même à en avoir ma claque du vélo...envie d'arriver...le rythme est dur à tenir. 
Et tout d'un coup, alors qu'il reste environ 20 km...surgit à l'horizon, caché par la brume, la silhouette du caillou tant attendu. 
Un véritable coup de fouet au moral.
Les douleurs physiques disparaissent comme par enchantement, un seul objectif se dessine, atteindre le mont avant la nuit.
Le final est digne d'une échappée victorieuse: nous enchaînons les relais à bloc sur les derniers kilomètres, 36, 37, 38, on atteint les 39 km/h à la force des mollets. 
Quelles sensations !!! 
Quelle quête indispensable de l'inutile !!!
Nous continuons ensuite plus lentement sur la passerelle au milieu des piétons et arrivons enfin auprès de la plus remarquable antenne cosmo-tellurique du pays.
Objectif atteint.
Émotions garanties.
J'aime quand un plan se déroule sans accrocs.




Epilogue d'une belle semaine :
- Waouh que c'était bien, dur dur de retrouver une vie de sédentaire avec toutes ces images qui défilent encore...
- Mettre en mouvement le corps permet de mettre en mouvement l'esprit !
"Je roule donc je pense" Wink
- Un grand merci à Bertrand, La famille Voët et Vianney, amis éloignés mais avec qui j'ai partagé de très bons moments.
- J'ai pris une claque face à la culture du conservateur de Port Royal. Cela donne envie de se plonger dans les livres...Le présent ne fait que réécrire l'histoire. Bien connaître cette dernière permet probablement de mieux comprendre le présent et le futur. Au boulot !
- Le Mont St Michel est un aimant surpuissant. J'ai repéré une chambre airbnb où un séjour d'une nuit bien accompagné doit être absolument inoubliable...
- Que la France est belle, diverse, riche d'histoire. A vélo, on ne fait jamais plus d'une demi-journée avec le même type de paysage. La patrie du cyclotourisme.
- Immense merci à celles et ceux qui ont participé à la cagnotte pour la Maison Solidaire. (presque 300€ récoltés qui seront bien utiles).
- La bise à Romain monté bien tôt entre la terre et le ciel. Notre complicité d'idées, malgré nos personnalités, d'apparence, opposées, me manquent. Mais cela pousse à avancer.
A bientôt pour de nouvelles aventures Smile


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3 Re: Du Mont Pilat au Mont St Michel le Lun 27 Nov - 21:59

Bravo, et surtout merci à Michèle et Jacky pig Laughing

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